Découvrir Bombay
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Découvrir Bombay

Les bidonvilles recouverts par le climat tropical d’une patine similaire à celle de très vieux bâtiments, le flot incessant de la circulation, les foules qui se pressent dans les rues bondées, le bruit et les gaz d’échappement, tout dans cette ville immense contribue d’abord à repousser plutôt qu’à attirer la plupart des Européens. Et il n’est pas facile de s’extraire de ce tourbillon pour entreprendre une visite de la ville.

Pourtant, une fois habitué à ce bouillonnement populaire, on découvrira beaucoup de choses intéressantes et même passionnantes.

Dans cette foule de millions de gens, chaque individu est une personnalité : qu’il soit mendiant ou couvert de bijoux, qu’il paraisse triste, joyeux, curieux, vénérable, qu’il porte des couleurs chatoyantes, du blanc ou des carreaux, qu’il arbore un turban, une calotte ou un foulard, qu’il crie, médite, dorme ou se lave. Les amateurs d’architecture coloniale trouveront dans l’ancien quartier des gouvernements anglais des bâtiments remarquables, dont le style pourrait être qualifié par souci de justesse de «sarrasinopersano- indo-gothico- moghol».

L’attraction la plus intéressante est à l’entrée de la ville, l’rie Elephanta et ses temples hindouistes excavés.

BOMBAY est la capitale du Maharastra (70 millions d’habitants), État fédéral d’une superficie de 308 000 km (un peu plus de la moitié de la France), qui s’étend sur près de 500 km à l’est de l’océan Indien.

La région côtière au climat torride est dominée par une chaîne montagneuse s’élevant de façon abrupte entre 600 et 1000 m d’altitude (1 645 m à Nasik): les Ghâts occidentaux, qui ne redescendent que tout doucement vers les vastes plaines de l’Est.

Les sols fertiles, formés de coulées de lave d’origine volcanique, conservent l’eau et permettent ainsi une exploitation agricole annuelle en dépit de saisons sèches relativement longues.

Nombreuses furent les guerres qui traversèrent cette terre paysanne, ne laissant derrière elles que beaucoup de ruines et peu de choses qui vaillent la peine d’un long voyage. Seule la ville d’Aurangabad, et ses environs, offre un réel intérêt. Les célèbres temples excavés d’Ajanta et d’Elima recèlent de splendides peintures murales et de riches bijoux qui en font l’un des trésors les plus admirables de l’Inde.

Un peu d’histoire

Le nom de Bombay est sujet à controverse: on ne sait pas s’il dérive du portugais Born bahia (bonne baie) ou du nom d’un ancien temple hindouiste. Toujours est-il que les Portugais y fondèrent un comptoir commercial en 1521. En 1661, ils abandonnèrent aux Britanniques, en dot à Catherine de Bragance à l’occasion de son mariage avec le roi Charles il d’Angleterre, cet endroit entouré de marais infestés par la malaria.

Victime de nombreuses épidémies, la ville ne se développa d’abord que très lentement. Elle ne comptait vers 1800 que 50 000 habitants. La véritable explosion démographique ne commença qu’à la fin du XIXe siècle avec la construction du chemin de fer, qui résulta dans le transfert de tout le commerce des caravanes et fit bénéficier Bombay d’une première vague d’industrialisation (traitement du coton).

Aujourd’hui Bombay est le centre industriel et commercial le plus actif de l’Inde.

Les immanquables de Bombay

La porte de l’Inde, arc de style moghol, est l’emblème de la ville.
L’édifice fut construit en 19b par l’Angleterre à la gloire du roi George V, qui avait fait une escale à Bombay lors de sa visite en Inde.

La porte de l'Inde à Bombay

L’hôtel Taj Mahal, en face de la porte de l’Inde, est l’un des hôtels les plus connus d’Inde. Le hall d’entrée reproduit l’ambiance des anciens palais moghols.

Depuis la porte de l’Inde, on peut sans difficulté accéder à un petit centre commercial de la ville. L’Appolo Pier road conduit à un rond-point derrière lequel s’élève le bâtiment gigantesque du Prince of Wales museum.

Le Prince of Wales museum possède, dans sa partie artistique, de précieuses armes orientales et des objets en jade, en cuivre et en argent. La galerie de peinture com. prend de précieuses miniatures mogholes, ainsi que des copies de peintures rupestres d’Ajanta. Dans la partie archéologique, sont exposées des sculptures de temples bouddhistes et hindouistes.

Les bâtiments de l’époque coloniale sont également à proximité. En bifurquant légèrement sur la gauche à Partir du rond-point de l’Apollo Pier road, on débouche Sur l’ancienne place des Parades (Mayo road) , où se tiennent tout de suite à droite quelques constructions coloniales dignes d’intérêt: le Old Secretariat (administration de l’État du Maharastra), érigé en 1874 en style néogothique, la Rabai Towerappartenant à l’université et dont les horloges ont été copiées sur Big Ben, et le bâtiment de la High Court (tribunal de grande instance de l’État). Au bout de Mayo road, vous apercevez à gauche en face de la gare Churchgate, le bâtiment de l’administration des chemins de fer, remarquable par la combinaison originale des styles musulman, indien et européen. De là, prenez un taxi et faites-vous conduire aux Hanging Gardens.

Les «jardins suspendus » situés à Malabar Hills, quartier chic de la ville, ne sont intéressants que parce qu’ils surplombent la Back Bayet offrent une vue sur les grands immeubles, autour de la gare Churchgate. Aux limites du parc, se trouvent les tours du Silence, au sommet desquelles les Parsis exposent encore leurs morts aux oiseaux.

Le dimanche après-midi, l’élite de la ville semble se retrouver dans les jardins. Pour le touriste, c’est un défilé de mode gratuit des plus jolis saris indiens.

L’ile Elephanta. Le matin à 9 heures, de petits bateaux partent de l’embarcadère près du Gateway of India, à destination de l ‘lie qui se trouve à environ 10 km. Ensuite, une marche de 10 à 15 mn le long d’un chemin agréable vous conduira jusqu’à un temple hindouiste excavé du VIIe ou VIIIe siècle.

Plusieurs gigantesques sculptures de dieux décorent les murs du sanctuaire. Dans le hall d’entrée, un immense Siva est représenté accomplissant son étrange danse de création. Derrière, Sur la droite, il apparaÎt sous sa forme cruelle de Bhairava, en train de disloquer un être humain de ses huit bras. Sur le mur opposé, on peut voir le mariage de Siva. Le couple divin est accompagné de dieux, d’êtres célestes et du dieu à quatre têtes, Brahmâ, dans le rôle du prêtre.

Entre ces deux reliefs, un petit temple soutenu par quatre gardes en pierre renferme un lingam de 1 m de long, symbole du rôle joué par Siva dans le cycle des renaissances.

Sur le mur du fond dans la grotte principale, se trouvent trois peintures de 5 m de haut représentant à droite, Siva, Parvati et les trois dieux du fleuve, Ganga, Yamuna et Sarasvati ; au centre, Trimurti, dieu puissant unissant en lui Siva, Vishnu et Brahmâ ; à gauche, Ardhanariswara, un Siva mi-homme, mi-femme.

A la sortie qui donne sur la cour, ou Nandi, le taureau de Siva avait autrefois sa place, se trouve une peinture de Kaila, la montagne des dieux. En face, on voit Ravanna, le dieu à 20 bras et roi des démons du Sri Lanka, qui avait tenté de voler la montagne des dieux. En sortant, vous trouverez une dernière représentation de Siva, en ascète.

Les excursions à faire

Juhu Beach (21 km)

Plusieurs bons hôtels se dressent au bord de cette plage – l’une des plus appréciées de Bombay , peu éloignée de l’aéroport de Santa Cruz. La plage vaut le coup d’œil pour son tourbillon multicolore de gens; mais pour ce qui est des bains de mer, n’y songez pas: 10 millions de personnes vivent en effet dans le secteur.

Les grottes de Karla et Bhaja (136 km)

Ces grottes n’ont rien de comparable, ni pour la situation ni pour l’intérêt artistique, aux grottes bien plus connues d’Ajanta ou d’ Ellora.

Mais une fois dépassés les faubourgs industriels sans fin de Bombay, le trajet en taxi s’avère tout à fait charmant surtout pendant l’ascension abrupte des Ghâts occidentaux ou s’ouvrent de nombreux points de vue grandioses.

Les grottes de PUna sont d’un accès plus facile et le voyage en train (express) est vivement conseillé.

Püna (Poona) (2 millions hab.)

Cette ville industrielle active, qui bénéficie du climat « frais» des hauteurs (600 m), n’offre pratiquement aucun intérêt touristique. Elle peut cependant servir de point de départ pour les lieux de villégiature « très indiens» des Ghâts occidentaux (Mahabaleshwar, 120 km), ou d’étape sur la route de Bijapur (304 km), région de haut intérêt touristique.

Le temple de Parvati, au sud de la ville, auquel on accède par un long escalier. Au sommet, se trouvent encore quelques sanctuaires, dédiés au dieu du soleil Surya, au dieu de la guerre Karttikeya et à la déesse Durga.

Karla et Bhaja

55 km après Puna, la route de Bombay bifurque au nord vers des grottes à flanc de montagne: Karla (2 km).

Un petit temple hindouiste se dresse aujourd’hui devant l’entrée des temples bouddhistes chaltya, taillés dans le roc vers 80 ap. J.-C. et considérés comme l’œuvre la plus importante du genre.’

A 6 km au sud de la route de Bombay se trouvent les grottes de Bhaja. En dehors d’un temple chaltya en très mauvais état, vous verrez une grotte dont l’entrée est décorée d’un portrait du dieu du soleil Surya dans son char tiré par sept chevaux.

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